Parasites du cheval : les reconnaître et comprendre leurs conséquences

Parasites du cheval : les reconnaître et comprendre leurs conséquences

Le terme « parasites » regroupe des organismes très différents. Certains vivent dans le système digestif du cheval ; d’autres s’installent sur sa peau. Les tiques, elles, peuvent aussi transmettre des parasites responsables de maladies.

Les effets varient selon l’espèce, le stade du parasite, l’âge et l’état général du cheval, ainsi que l’importance de l’infestation. Un cheval peut héberger des parasites sans présenter de signe visible. À l’inverse, un amaigrissement, une diarrhée ou des démangeaisons peuvent avoir plusieurs causes : ces signes ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une parasitose.

Les principaux parasites digestifs

Les petits strongles ou cyathostomes

Ces vers sont fréquents chez les chevaux ayant accès à l’herbe. Leurs larves peuvent s’enkyster dans la paroi de l’intestin. Lorsqu’elles se réactivent en grand nombre, elles peuvent provoquer des lésions intestinales, une diarrhée importante, un amaigrissement, des œdèmes et parfois des coliques. Les jeunes chevaux peuvent être particulièrement vulnérables.

Les grands strongles

Ils sont moins fréquemment rencontrés dans les élevages bien suivis, mais certaines infestations peuvent avoir des conséquences graves : coliques sévères, boiteries ou atteintes d’autres organes. Leur faible fréquence ne signifie donc pas qu’il faut les ignorer.

Les ascaris

Les ascaris concernent surtout les poulains et les jeunes chevaux. Au cours de leur développement, leurs larves peuvent migrer dans l’organisme et provoquer notamment de la toux. Une infestation importante peut freiner la croissance et entraîner des coliques, parfois graves.

Les ténias

Les ténias s’attachent notamment à la jonction entre l’intestin grêle et le gros intestin. Ils peuvent y provoquer des lésions et sont associés à certains types de coliques. Leur présence n’est pas toujours facile à évaluer à partir d’un examen des crottins.

Les oxyures

Les oxyures pondent autour de l’anus et peuvent provoquer des démangeaisons. Le cheval se frotte alors la queue ou l’arrière-train, ce qui peut entraîner une perte de poils et des irritations cutanées.

Les gastérophiles

Les gastérophiles sont des larves d’insectes. Les œufs déposés sur les poils du cheval peuvent être ingérés lorsqu’il se lèche ; les larves poursuivent ensuite leur développement dans le système digestif. Leur présence est fréquente, mais elle s’accompagne souvent de peu de signes visibles.

Les parasites de la peau et les insectes piqueurs

Les poux

Les poux peuvent causer de fortes démangeaisons, des lésions de grattage et une perte de poils. Lors d’une infestation massive par des poux piqueurs, une anémie est possible. Le matériel de pansage partagé peut contribuer à leur transmission entre chevaux.

Les acariens responsables de la gale chorioptique

Cette affection touche notamment les chevaux aux fanons abondants, en particulier certains chevaux de trait. Elle provoque une inflammation de la peau autour des pâturons. Une irritation persistante des membres mérite un examen, car plusieurs affections peuvent se ressembler.

Les tiques

Les tiques se fixent sur la peau pour se nourrir de sang. Certaines peuvent transmettre des piroplasmes, des parasites qui atteignent les globules rouges. La piroplasmose peut entraîner de la fièvre, de la fatigue, une perte d’appétit, des muqueuses pâles ou jaunâtres et des urines foncées. Tous les chevaux piqués ne contractent pas la maladie, mais il est utile d’inspecter régulièrement leur peau et de retirer les tiques correctement.

Les moucherons piqueurs

Les piqûres de certains moucherons peuvent déclencher une réaction allergique appelée dermatite estivale récidivante, souvent désignée sous le nom de « dermite ». Elle se manifeste par des démangeaisons intenses, souvent au niveau de la crinière et de la queue. Le grattage peut casser les crins, provoquer des plaies et favoriser des infections secondaires.

Quels signes doivent alerter ?

Une diarrhée persistante, des coliques, une perte de poids inexpliquée, une croissance ralentie chez un poulain, des démangeaisons importantes ou une modification de l’état de la peau justifient une attention particulière. Une fièvre, une fatigue marquée ou des urines foncées nécessitent également un avis vétérinaire.

Ces signes ne désignent pas automatiquement un parasite. En cas de colique, de diarrhée importante ou d’aggravation rapide, contactez rapidement un vétérinaire.

Pourquoi le suivi doit-il être adapté ?

La coproscopie permet de rechercher et de compter les œufs de certains parasites dans les crottins. Elle est utile, mais elle ne détecte pas toutes les espèces ni tous les stades de développement. Selon le parasite suspecté, d’autres examens ou méthodes de dépistage peuvent être nécessaires.

Le choix d’un traitement dépend du parasite ciblé, de l’âge du cheval, de son historique et de son environnement. Administrer régulièrement le même vermifuge à tous les chevaux sans stratégie adaptée peut favoriser l’apparition de résistances. Le protocole de suivi et de traitement doit donc être établi avec le vétérinaire.

Comprendre le parasitisme, c’est pouvoir mieux observer son cheval, repérer les signes qui comptent et choisir un suivi adapté plutôt que traiter à l’aveugle.

0 commentaire

Laisser un commentaire